Les aliments de notre assiette : ce que le chien et le chat peuvent partager
Un chien qui fixe une assiette, c'est une scène quotidienne. La question n'est pas de savoir si l'on cède, mais ce qui passe sans dommage — et ce qui n'a rien à faire dans sa gamelle.
La règle qui évite l'essentiel des ennuis
Avant les aliments un par un, un principe : ce qui est ajouté doit être retiré de la ration. L'erreur la plus fréquente n'est pas de donner un aliment dangereux, c'est de donner un aliment banal en plus du repas complet, tous les jours. Le surpoids s'installe sans qu'aucun repas n'ait paru excessif.
Second principe : c'est l'assaisonnement qui pose problème plus souvent que l'aliment. Un blanc de poulet nature est sans danger ; le même plat cuisiné avec de l'oignon et de l'ail devient toxique — ces deux-là provoquent une destruction des globules rouges chez le chien comme chez le chat.
Le poulet et les viandes cuites
Le poulet cuit nature est bien accepté et digeste. Trois précautions :
- Toujours désossé. Les os de volaille cuits éclatent en esquilles coupantes : c'est un risque de perforation, pas une simple gêne.
- Sans assaisonnement : ni sel, ni sauce, ni oignon, ni ail.
- Sans la peau chez un chien sujet aux troubles digestifs ou déjà en surpoids — c'est la partie la plus grasse.
Les œufs
Cuits, ils apportent des protéines de bonne qualité et passent bien chez la plupart des animaux.
Crus, deux réserves réelles. Le risque bactérien d'abord, comparable à celui de la viande crue. Ensuite, le blanc d'œuf cru contient une protéine qui se lie à la biotine, une vitamine du groupe B, et en gêne l'absorption lorsqu'il est donné de façon régulière. Un œuf cru occasionnel ne provoque pas de carence ; une habitude quotidienne peut y conduire.
La cuisson règle les deux problèmes simultanément — c'est la solution la plus simple.
Le fromage
Il n'est pas toxique, et c'est souvent le meilleur allié pour faire avaler un comprimé. Mais il cumule trois inconvénients : richesse en matières grasses, teneur en sel élevée, et lactose que beaucoup d'animaux adultes digèrent mal.
Un petit morceau de fromage peu salé, occasionnellement, ne pose généralement pas de problème. Chez un animal au régime, sujet à la pancréatite ou aux selles molles, mieux vaut trouver autre chose.
Les légumes
Le brocoli, la carotte, la courgette ou le haricot vert passent sans difficulté, cuits et sans assaisonnement. Ils apportent peu de calories pour un certain volume, ce qui les rend utiles chez un animal au régime — ils occupent l'estomac sans peser dans la ration.
Deux précautions concrètes plutôt qu'une mise en garde générale :
- Courgette au goût amer : à écarter. Rarement, une courgette (surtout issue du jardin ou croisée avec une courge ornementale) peut contenir des cucurbitacines, des composés irritants responsables de vomissements et diarrhées. Une série de 353 cas humains publiée en France confirme le mécanisme — troubles digestifs, généralement sans gravité, résolus en écartant la courge en cause. Si elle est amère à votre goût, ne la donnez pas.
- Haricots verts en conserve : vérifiez le sel. Les conserves classiques en contiennent souvent beaucoup. Préférez frais, surgelés ou en conserve « sans sel ajouté », sinon rincez abondamment.
Deux limites générales : donnés en grande quantité, les légumes fibreux provoquent des gaz et des selles molles ; et ils ne remplacent aucun nutriment d'un aliment complet. Ce sont des extras, pas un apport.
La patate douce
Cuite (vapeur, four ou eau, sans sel ni beurre), elle est bien tolérée. Crue, mieux vaut éviter : l'amidon cru se digère mal et peut provoquer des troubles digestifs.
Elle reste un féculent plus dense qu'un légume aqueux comme la courgette. Chez un chien sédentaire, en surpoids ou diabétique, la quantité et la fréquence se discutent avec le vétérinaire plutôt que de se fier à un repère générique — l'effet sur la glycémie dépend trop de la cuisson, de la portion et du reste du repas pour un chiffre valable à tous les chiens.
La pomme et les fruits
La chair de pomme, lavée et coupée en petits morceaux, est généralement bien tolérée en friandise occasionnelle — chez le chien surtout, le chat étant peu attiré par le sucré.
Retirez systématiquement pépins, tige et trognon. Les pépins contiennent un composé cyanogène (amygdaline), la même famille chimique que celle de l'amande amère : leur teneur est documentée chez plusieurs espèces de plantes à noyau ou à pépins, sans qu'un pépin avalé par accident ne soit comparable à une mastication répétée de pépins. Le trognon, lui, pose surtout un problème mécanique (dureté, risque d'étouffement chez un petit chien).
Cela ne dit rien des autres fruits : le raisin reste dangereux dès une petite quantité, contrairement à la pomme — ne pas confondre les deux sous prétexte que « c'est un fruit ».
Ce qui ne se partage jamais
Certains aliments courants de nos assiettes sont réellement toxiques, et la liste mérite d'être connue plutôt que devinée : chocolat, oignon et ail, raisin et raisins secs, xylitol des chewing-gums et pâtisseries allégées, alcool, noix de macadamia.
Ils ne relèvent pas du « à éviter » mais du « jamais » — leurs mécanismes de toxicité sont documentés. Voir les 10 aliments toxiques pour le chien et, pour les écarts de gravité entre les deux espèces, 63 dangers qui ne se valent pas.
Ce qu'il faut retenir
- Ce qui s'ajoute se retire de la ration, sinon le surpoids s'installe sans qu'on le voie.
- L'assaisonnement est plus souvent le problème que l'aliment : l'oignon et l'ail sont toxiques.
- Poulet désossé, œufs cuits, fromage occasionnel, légumes nature.
- Courgette amère écartée, haricots verts en conserve sans sel ajouté, patate douce toujours cuite, pomme sans pépins ni trognon.
- Les os de volaille cuits sont un vrai danger, pas une précaution excessive.
- Une poignée d'aliments courants sont toxiques : ceux-là ne se partagent jamais.
En cas d'ingestion d'un aliment de la liste toxique, ou de vomissements et diarrhée persistants après un écart, contactez un vétérinaire sans attendre.
Questions fréquentes
Peut-on donner du poulet cuit à son chien ?
Oui, à condition qu'il soit nature — sans sel, sans sauce, sans ail ni oignon — et surtout désossé. Les os de volaille cuits sont le vrai danger : ils éclatent en fragments coupants et peuvent perforer le tube digestif. La peau, très grasse, est à écarter chez un chien sensible du pancréas.
Les œufs sont-ils bons pour le chien et le chat ?
Cuits, ils sont une bonne source de protéines et sont bien tolérés. Crus, deux réserves : le risque bactérien, et le blanc d'œuf cru qui contient une protéine gênant l'absorption d'une vitamine du groupe B lorsqu'il est donné régulièrement. La cuisson lève les deux problèmes d'un coup.
Le fromage est-il dangereux ?
Il n'est pas toxique, mais il cumule trois défauts : beaucoup de gras, beaucoup de sel, et du lactose que de nombreux adultes digèrent mal. Une petite quantité de fromage peu salé passe généralement bien, notamment pour cacher un comprimé. En faire une habitude quotidienne est une autre affaire.
La courgette et les haricots verts sont-ils sûrs pour le chien ?
Oui, cuits et sans assaisonnement. Deux précautions réelles : une courgette au goût amer peut contenir des cucurbitacines irritantes — ne la donnez pas — et les haricots verts en conserve contiennent souvent beaucoup de sel, à rincer ou éviter.
Peut-on donner de la patate douce à son chien ?
Cuite, oui. Crue, mieux vaut éviter : l'amidon cru se digère mal. Chez un chien diabétique ou en surpoids, c'est un féculent comme un autre à faire valider par le vétérinaire plutôt qu'à ajouter par habitude.
Peut-on donner de la pomme à un chien ou un chat ?
La chair, en petits morceaux, occasionnellement — chez le chien surtout, le chat étant peu attiré par le sucré. Retirez toujours pépins et trognon : les pépins contiennent un composé cyanogène, sans commune mesure avec le raisin qui reste dangereux dès petite quantité.
Quelle quantité de restes peut-on donner ?
La question n'est pas tant la quantité que la place dans la ration : tout ce qui s'ajoute doit être retiré du repas, sinon on augmente l'apport sans s'en rendre compte. Et un aliment banal donné tous les jours devient une habitude difficile à défaire. Demandez à votre vétérinaire ce qui convient au poids et à l'état de votre animal.
Sources
- Cortinovis & Caloni, Household Food Items Toxic to Dogs and Cats, Frontiers in Veterinary Science, 2016 — https://doi.org/10.3389/fvets.2016.00026
- Le Roux et al., Poisoning by non-edible squash: retrospective series of 353 patients, Clinical Toxicology, 2018 — https://doi.org/10.1080/15563650.2018.1424891
- Jaszczak-Wilke et al., Amygdalin: Toxicity, Anticancer Activity and Analytical Procedures for Its Determination in Plant Seeds, Molecules, 2021 — https://doi.org/10.3390/molecules26082253
Avertissement : ces informations sont fournies à titre préventif et éducatif uniquement. Le niveau de preuve et les références effectivement vérifiées sont indiqués sur chaque fiche ; une fiche sans bibliographie publiée reste présentée comme non vérifiée. La gravité dépend de la quantité ingérée, du poids et de l'état de santé de l'animal. Au moindre doute, contactez immédiatement votre vétérinaire ou un centre antipoison animal.
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